| Plage | Chanson | L'amour | Enluminure |
|---|---|---|---|
| 1 | Le Tableau | l'amour impossible | palette, pinceaux, tubes de peinture modernes |
| 2 | Jeanne | la déclaration | cœur à ruban, lièvre, nid, fraises, roses |
| 3 | Glastonbury | l'envie d'être là | rien — une photo collée, arbre et corbeaux |
| 4 | En regardant vers le pays de France | l'amour d'un pays | ferry « www.ferry.com », Tour Eiffel, monstres marins |
| 5 | Blackdown | l'amour qui montre le chemin | coffre au trésor, pelle rouge, carte, hibou |
| 6 | C'était déjà toi | l'amour reconnu | le même visage de femme répété à l'infini |
| 7 | Ma seule amour | l'amour empêché | cellule de pierre, chaîne, cadenas en forme de cœur |
| 8 | Our Song | l'amour à distance | téléphone à cadran rouge et plumes d'oie |
| 9 | Le Ciel et la Terre | l'amour d'en haut | mappemonde médiévale avec un avion de ligne |
| 10 | La Nuit | l'amour charnel | roses, tour, étoiles, croissant de lune |
| — | Un ange passe… | le silence | un ange qui tient une horloge |
| 11 | La 9ème Croisade | l'amour entre les peuples | une manifestation — PAX, PEACE, shalom, salam |
| 12 | J'aime l'amour | l'amour malgré tout | un chevalier qui marche avec un cœur géant |
Ouverture
Chez nous, la Lys, c'est une rivière qui longe la frontière à quelques kilomètres d'ici.
Mais la Lys, ici, ça n'a pas toujours été qu'une rivière. De 1795 à 1814, Mouscron a été française. Et le département dont elle faisait partie, avec Courtrai et Bruges, s'appelait le département de la Lys. Dix-neuf ans. On y est arrivés par la guerre, en 1794, avec les canons et une grande bataille juste ici. Et on est repartis par la défaite : Napoléon tombe, et le traité de Paris de 1814 raye le département de la Lys de la carte. Vous êtes passés aux Pays-Bas, et il a fallu attendre 1830 pour que la Belgique existe. Dans un sens comme dans l'autre, personne ne vous a demandé votre avis.
Je vous raconte ça parce que j'ai envie de vous parler d'un disque qui s'appelle Lys & Love.
Ici le lys, c'est la fleur des rois de France. Et à côté, en anglais, le mot love — amour. C'est signé Laurent Voulzy, c'est sorti le 28 novembre 2011, et c'est un album entièrement construit sur deux pays qui se sont détestés pendant des années : la guerre de Cent Ans, Azincourt, les prisonniers, et six siècles plus tard un Parisien de naissance, guadeloupéen d'origine, qui part vivre là-bas parce qu'il y est heureux.
Alors nous, entre Français et Belges, on n'a pas fait cent ans de guerre. Mais cette attirance-là, cette irritation-là, ce besoin de se moquer les uns des autres tout en ne pouvant pas se passer les uns des autres — ça, on connaît. Vous avez vos blagues sur nous, on a les nôtres sur vous, et le matin des milliers de gens traversent quand même dans les deux sens. C'est exactement le sujet de ce disque, à une frontière près.
Pendant longtemps, Voulzy c'était un chanteur de radio qui traînait dans mes oreilles sans que j'y fasse attention. Et puis il y a eu Caché derrière, et je suis tombé en amour, comme disent nos cousins québécois. Les mots qui me viennent aujourd'hui, ce sont la douceur, l'éther, l'amour absolu. Et le mystique. Pas le religieux, attention — le mystique. Le mystère derrière les choses. Ce qui est assez cocasse quand on connaît mon athéisme et mon pragmatisme scientifique.
Pour l'album dont je vous parle, il est entré en studio sans rien. Pas une chanson, pas un texte, en voulant faire un album électro. C'est Souchon qui lui a soufflé d'y mettre des poèmes, il a pensé au Moyen Âge — une passion depuis ses dix ans — et puis le naturel a repris le dessus : c'est devenu de la pop à la fin, mais avec des notes d'électro.
Je vous propose ma lecture. Voulzy ne l'a jamais écrite nulle part : douze chansons, douze façons d'aimer. L'amour impossible, l'amour empêché, l'amour à distance, l'amour d'un pays, l'amour entre les peuples.
Et pour vous guider, je vais m'appuyer sur un objet. J'ai ressorti mon exemplaire — un vrai, avec un livret, ça existe encore.
Ce livret est fabriqué comme un manuscrit du Moyen Âge. Chaque chanson a sa page, avec un cadre doré, une lettrine, des lettres rouges dans le texte noir. Et surtout des marges peintes à la main, peuplées d'objets. Un objet par chanson. À chaque fois, quelqu'un a dessiné ce dont la chanson parle.
On va faire les douze dans l'ordre. Douze chansons, douze amours, douze enluminures. Trois d'entre elles avaient droit à une diffusion à l'antenne : je vous les signale au passage.
Une précision, parce que ça va compter : sur les douze pages, il y en a une où ce système ne marche pas. Une seule. Vous verrez laquelle.
1 — Le Tableau · l'amour impossible
Premier amour : l'amour impossible.
La chanson s'appelle Le Tableau, et elle est très simple. Un homme est amoureux d'une femme qu'il a vue dans un musée. Sauf que cette femme est une peinture. Voulzy le dit en toutes lettres : il est épris d'une fille qui est un tableau, et l'amour est impossible parce qu'elle vit en 1400 et lui en 2010. Six cents ans d'écart, ce n'est pas une métaphore, c'est le sujet.
Écoutez comment il la chante. Il chuchote. Comme s'il faisait nuit, ou comme si on était dans un endroit qui impose le silence — une église, un musée justement. Sous la voix, des nappes électroniques de 2010, et des chœurs qui arrivent en fin de strophe qui semblent venir de 1400. Des « lalala », rien de plus. Et ça vous emmène vers le haut, vers quelque chose qui n'est pas tout à fait réel.
Dans les marges du livret pour cette page, il y a une palette de peintre, des pinceaux, des plumes d'oie, une paire de lunettes. Et, dessinés dans le même style, des tubes de peinture. Des tubes en métal. Une invention du dix-neuvième siècle, peinte à la manière du quinzième.
On commence donc par une chanson qui brouille les pistes. Elle ne vous dit pas où on va. Et après tout, Voulzy non plus ne savait pas où il allait. Peut-être qu'on comprendra en même temps que lui, à la fin.
2 — Jeanne · la déclaration
Deuxième amour : la déclaration.
Parce que dans ce disque, aucune chanson n'est vraiment isolée. Le Tableau est la première moitié d'une histoire, et voici la seconde. Le premier morceau la regarde ; celui-ci lui parle.
Ça s'appelle Jeanne, c'est le titre qui a porté l'album, et ça lui a valu la Victoire de la musique de la chanson originale de l'année.
L'enluminure est une explosion. Un cœur rouge avec un ruban rose, et tout autour la nature qui déborde : un lièvre, des oiseaux, un nid avec ses œufs, des fraises, des roses, des papillons. Après le musée fermé de la page d'avant, on ouvre la fenêtre.
D'où vient ce prénom ? De nulle part. Voulzy cherchait des paroles depuis plusieurs jours, il s'est endormi devant son ordinateur à trois heures du matin, et il s'est réveillé avec ce mot dans la tête. Il raconte que ce prénom était banal pour lui, et que d'un seul coup il est devenu majestueux, qu'il s'est illuminé.
Et puis il a fait quelque chose que je trouve magnifique. Il a demandé à quelqu'un de la peindre.
Elle s'appelle Charlène Lafargue, elle est illustratrice, elle sort des Gobelins, et à l'époque elle fait de la production de films d'animation le jour et de l'illustration la nuit. Elle raconte sur son site comment ça s'est passé : une collaboration minutieuse avec le chanteur, pour incarner — ce sont ses mots — « sa Jeanne ». Une femme mystérieuse, envoûtante, d'un autre temps. Acrylique et retouche numérique, cinquante sur soixante-cinq centimètres, 2011.
Une femme qui n'existe pas, inventée pour une chanson. Et à la fin, quelqu'un lui a fait un visage.
Ce tableau, il est sur la quatrième de couverture du livret. Il apparaît dans le clip. Et pendant toute la tournée, il a été projeté derrière lui sur scène. Il a chanté devant elle pendant des mois.
Est-ce que c'est Jeanne d'Arc ? Il ne tranche pas. Il dit qu'il pense que oui, mais qu'il n'en est pas sûr. Il rappelle que Charles d'Orléans, l'inspirateur de tout l'album, connaissait suffisamment Jeanne d'Arc pour lui avoir fait acheter une robe depuis sa prison anglaise. Et puis il ajoute, en passant, qu'il y a plein d'autres Jeanne — et il cite Jeanne de Flandre. Comtesse de Flandre et de Hainaut. Autrement dit, chez nous.
Moi, la première fois, j'ai pensé Jeanne d'Arc tout de suite. Et plus je l'ai réécoutée, plus j'ai douté. Parce qu'il y a une autre Jeanne. C'était mon arrière-grand-mère paternelle, et j'ai eu la chance de la connaître. Une femme belle et rayonnante malgré son grand âge et une vie qui avait été très dure. Je ne vais pas vous dire que la chanson parle d'elle — elle n'en parle pas. Mais quand je l'écoute, il y a quelque chose qui se rejoint. C'est peut-être ça, un prénom qui s'illumine.
Deux choses à écouter là-dedans : les cordes ont été enregistrées à Abbey Road, le studio des Beatles. Et la cornemuse, c'est Voulzy lui-même.
3 — Glastonbury · l'envie d'être là
Troisième amour : l'envie d'être là. Et là, mon système tombe en panne.
Elle s'appelle Glastonbury. Je vous ai annoncé plus haut qu'il y avait une page où ça ne marcherait pas. C'est celle-là.
Sur cette page, il n'y a pas de cadre doré. Pas de lettrine. Pas de lettres rouges. Et il n'y a pas de paroles. Il y a un titre, et une image collée : une gravure en noir et blanc, un arbre tordu par le vent, des corbeaux qui volent autour. Avec les bords jaunis, comme une photo qu'on aurait scotchée dans un carnet.
Au milieu du livre d'heures, quelqu'un a collé une photo.
Alors attention, parce que ce n'est pas que la chanson n'a pas de texte. Elle en a un. Il est entièrement en anglais, et il est superbe. C'est simplement qu'on a décidé de ne pas l'imprimer — alors que deux autres morceaux de ce disque ont aussi été écrits en anglais, qu'on les a traduits en français, et qu'ils ont eu droit à leur page comme tout le monde. Pour celui-là, non. On ne sait pas pourquoi.
Et voilà ce que raconte ce texte qu'on ne vous donne pas. Ça commence par sept étoiles au lever du jour.
Sept étoiles. Chez nous on dit la Grande Ourse ; les Anglais disent la Charrue, et les druides disaient le Chariot d'Arthur. C'est le groupe d'étoiles qui sert depuis toujours à trouver le nord, parce qu'il pointe vers l'étoile Polaire. Et il ne se couche jamais : au lever du jour, quand tout le reste s'efface, c'est la dernière chose encore visible.
Donc voilà un homme, sur une colline arthurienne, à l'aube, avec au-dessus de lui le Chariot d'Arthur et de quoi retrouver son chemin. Un homme qui voit un signe — et qui perd la tête quand même. Des corbeaux dans un ciel rouge sang. Et puis il regarde autour de lui, il regarde en haut, il regarde en bas, il cherche — et il finit par dire que le silence, c'est un son.
Il a la boussole, et il est perdu.
Vous voyez ce que le livret nous fait ? Il nous met exactement dans la situation de la chanson. Nous cherchons les mots sur la page, on ne trouve rien, et ce rien, ce vide est précisément le sujet.
Alors qu'est-ce que c'est, comme amour ? Le refrain est une liste. J'aimerais entendre. J'aimerais voir. J'aimerais être. J'aimerais toucher, j'aimerais sentir. Six fois le verbe aimer, et aucun objet, aucune femme, personne. C'est l'amour d'être là. L'envie brute de percevoir le monde.
Musicalement, il y a un cheval au galop, des bruits d'épées sur des boucliers, des corbeaux, une basse et toujours ces nappes électroniques. Et le galop n'est pas un effet : dans le texte, les chevaux courent avec la nuit d'orage, et les vieux souvenirs meurent vers minuit.
Glastonbury, pour beaucoup, c'est un festival de rock. C'est aussi un endroit du Somerset qu'on associe à la légende du roi Arthur, et c'est celui-là que Voulzy est allé chercher. Si vous ne connaissez pas le Somerset, pensez à Brocéliande, vous ne serez pas loin.
Et les corbeaux du début, ce sont de vrais corbeaux de Glastonbury. Il y tenait absolument, et il n'a jamais trouvé le temps d'aller les enregistrer. Jusqu'au jour où, à trois semaines de la fin du disque, sa belle-sœur lui parle d'une femme qui vit là-bas et qui a chaque matin trois corbeaux dans son jardin, qui se battent, qui jouent, qui croassent. Le mari de cette femme était musicien, il avait le matériel. Les corbeaux sont arrivés vingt-quatre heures avant la fin de l'album.
Retenez cette histoire. Elle va se répéter.
4 — En regardant vers le pays de France · l'amour d'un pays
Quatrième amour, et premier arrêt : l'amour d'un pays.
La chanson s'appelle En regardant vers le pays de France. Le titre n'est pas de Voulzy : c'est le premier vers d'un poème de Charles d'Orléans. Il faut que je vous parle de cet homme, parce qu'il est l'inspirateur de tout le disque ou presque et qu'on ne le croise pas souvent à la radio.
Charles d'Orléans, c'est un prince français. Le 25 octobre 1415, il a vingt ans, et il se retrouve du mauvais côté à la bataille d'Azincourt. Les Anglais le font prisonnier. Il fêtera ses vingt et un ans un mois plus tard, en Angleterre. Ils vont le garder vingt-cinq ans. Vingt-cinq ans, otage, pendant que les négociations traînent. Et pendant ces vingt-cinq ans, il écrit. Il écrit dans sa prison, en regardant vers un pays qu'il ne reverra peut-être jamais.
L'enluminure de cette page, c'est un voyage. Des monstres marins comme sur les vieilles cartes, la Tour Eiffel, un homme qui marche avec une guitare sur le dos. Et un ferry. Un vrai ferry moderne, sur lequel l'illustratrice a pris la peine d'écrire, en tout petit : www point ferry point com. Un site internet dans un manuscrit du Moyen Âge.
Et là, permettez-moi une parenthèse personnelle, parce que ce prince-là, je le fréquente sans l'avoir cherché. Damien, Monsieur Dams à l'antenne, est de Saint-Jean-de-la-Ruelle, à la porte d'Orléans. Ses parents se sont installés pas très loin de Cléry-Saint-André. Alors depuis vingt-cinq ans, j'y vais, et je baigne là-dedans.
Et à Cléry, il y a une basilique. Celui qui y repose s'appelle Jean de Dunois — le demi-frère de Charles d'Orléans. C'est lui qui, avec Jeanne d'Arc, a délivré Orléans en 1429 pendant que son frère était toujours en prison. C'est lui qui, dix ans plus tard, a obtenu sa libération. Et par son mariage, il était aussi seigneur de Beaugency.
Beaugency, j'y suis allé. Le cœur de la vieille ville, les ruelles, les pierres. Je n'ai pas de mot plus juste que celui-là : c'était magique. On y marche et on sent que le lieu n'a pas complètement lâché prise sur son passé.
Mais ce n'est pas ça qui a tout fait recoller dans ma tête. Ce qui a tout fait recoller, c'est le disque suivant.
Parce qu'après cet album, Voulzy est parti en tournée dans les églises et les cathédrales. Et sur le live qui en est tiré, à un moment, toute la troupe se met à chanter en canon. Ils chantent ça :
Mes amis, que reste-t-il à ce dauphin si gentil ? Orléans, Beaugency, Notre-Dame de Cléry, Vendôme, Vendôme.
— Le Carillon de Vendôme, comptine du quinzième siècle
Une comptine du quinzième siècle, que beaucoup d'entre nous ont chantée à l'école sans savoir de quoi elle parlait. Elle parle d'un dauphin déshérité en 1420, à qui on avait tout pris, et à qui il ne restait — disait la chanson, en se moquant un peu — que ces quelques villes-là.
Orléans. Beaugency. Notre-Dame de Cléry.
Trois villes sur quatre. Trois villes où je vais depuis vingt-cinq ans, et dans lesquelles j'avais marché sans jamais faire le lien. Vous comprendrez que je n'écoute pas ce disque tout à fait comme les autres.
Fin de la parenthèse. Six siècles plus tard, donc, Voulzy reprend ce vers. Sauf que lui n'est prisonnier de personne : depuis le milieu des années 2000, il vit à cheval sur les deux pays. Et il dit ceci, très exactement — Charles d'Orléans était prisonnier en geôle, et lui, il est prisonnier par amour. Prisonnier volontaire.
Ce n'est pas un homme qui choisit. C'est un homme qui a arrêté d'avoir à choisir.
Vous entendrez du monde là-dedans : des cordes d'Abbey Road, une chorale, des claquements de mains. Voulzy y met sa cornemuse. Nolwenn Leroy est aux chœurs, et Quentin Voulzy aussi — c'est son fils.
Laurent Voulzy, En regardant vers le pays de France.
5 — Blackdown · l'amour qui montre le chemin
Cinquième amour : l'amour qui montre le chemin.
Elle s'appelle Blackdown, et c'est une colline du Sussex. Deux cent quatre-vingts mètres, le point le plus haut du comté. Elle appartient au National Trust — c'est une association britannique, fondée à la fin du dix-neuvième siècle, à qui les gens lèguent des maisons, des jardins, des morceaux de côte ou de campagne pour qu'ils soient protégés et restent ouverts à tout le monde. Une sorte de patrimoine national, sauf que ce n'est pas l'État : ce sont des citoyens et des millions d'adhérents.
Et cette chanson n'est pas une rêverie : c'est un itinéraire. Quelqu'un vous prend la main et vous emmène. Franchis la grille, va tout droit, prends à droite. Tu vas croire que le trésor est introuvable — regarde quand même, il y a deux arbres tordus, écoute le vent dans leurs feuilles. Ne quitte pas le Sentier du Serpent. Quand tu arrives au siège de pierre, repose-toi au pied du Temple du vent.
Et tout ça existe. Le Sentier du Serpent est un chemin de randonnée balisé, le Temple du vent est un vrai lieu, le siège de pierre est là-haut. Vous pouvez y aller demain. Il y a même une consigne de bonne conduite : ne cueille pas les myrtilles, tout appartient au National Trust.
Alors l'enluminure est logique. Les marges sont couvertes d'or : un coffre au trésor qui déborde de bijoux, une pelle rouge, une carte au trésor. Un lapin, un hibou, des baies.
Deux choses, maintenant.
La première. Dans le texte, il vous dit qu'il y a un indice caché dans les mots de Tennyson, et que Tennyson n'est sûrement pas loin. Alfred Tennyson, le grand poète anglais du dix-neuvième siècle : il s'est fait construire une maison sur cette colline en 1868, et il y a passé les vingt-quatre dernières années de sa vie. Pendant que tout le disque nous parle d'un poète français du quinzième siècle, cette chanson-là part sur les traces d'un poète anglais du dix-neuvième. Et pour y trouver quoi ? Un indice. Pas la réponse. L'indice.
La seconde, et c'est celle que je n'ai comprise qu'en cherchant. Ce siège de pierre où il vous dit de vous reposer, il est réel et il a une histoire. En 1944, le propriétaire de Blackdown a donné la colline entière au National Trust — en mémoire de sa femme. Le siège de pierre, c'est son monument à elle.
Sur un album qui parle d'amour, la chanson vous fait marcher jusqu'au banc d'un veuf.
Alors écoutez comment se termine la chanson : « prends ma main, on cherchera ensemble ». Et le dernier vers dit : tu trouveras ton chemin par toi-même.
Souvenez-vous : trois chansons plus tôt, sur la colline de Glastonbury, un homme avait la Grande Ourse au-dessus de la tête et se perdait quand même. Ici, quelqu'un lui prend la main, lui apprend le terrain, et le laisse partir seul. Ce n'est pas l'amour d'un homme pour une femme. C'est l'amour de la filiation — l'idée qu'il faut savoir d'où l'on vient pour savoir où l'on va. Et que le trésor, finalement, c'est le voyage.
Musicalement, c'est le morceau le plus dépouillé jusqu'ici. Pas de cordes, pas de chorale. Voulzy à la basse et à la guitare, et derrière lui deux voix. Dont celle de Quentin Voulzy.
Son fils.
6 — C'était déjà toi · l'amour reconnu
Sixième amour : l'amour reconnu.
C'était déjà toi. Et voilà la chanson par laquelle tout a commencé.
Quand Voulzy est entré en studio en n'ayant rien écrit, il avait quand même une chose dans sa poche : une demi-musique. Un bout de mélodie, sans texte, sans structure. Il l'a restructurée sur place dès le premier jour, il a trouvé un refrain, un pont. Et bien plus tard, quand le texte a fini par exister, c'est devenu ce morceau-là.
C'est donc la graine de l'album. Et c'est aussi le moment où il a compris qu'il ne ferait pas le disque électro qu'il était venu faire. Il l'a raconté à la Dernière Heure : ça allait vers quelque chose de plus traditionnel. Le naturel avait repris le dessus.
L'enluminure, ici, est la plus troublante du livret. Pas de fleurs, pas d'animaux, pas d'objets. Un visage de femme. Le même, répété à l'identique, des dizaines de fois, sur toute la page, sur un fond vert hachuré. Elle vous regarde partout.
Le titre est dans l'image. Le texte parle d'Avalon, de nuits de rêve, d'une femme qu'on a déjà rencontrée sans le savoir. Et la page vous montre exactement ça : où que vous alliez, c'était déjà toi.
Le texte est d'Alain Souchon, les cordes sont d'Abbey Road, et il y a une deuxième voix, celle de Lauryn Love.
7 — Ma seule amour · l'amour empêché
Septième amour, et deuxième arrêt : l'amour empêché.
On y arrive. Ma seule amour, et c'est le centre du disque.
Le texte n'est pas de Voulzy. Le livret l'écrit noir sur blanc : « poème de Charles d'Orléans ». Un rondeau, écrit dans sa prison anglaise. Une chercheuse en littérature médiévale en cite ce vers, et je vous le donne parce qu'il tient tout seul : je n'ai plus rien à me réconforter qu'un souvenir pour retenir liesse
. Un homme de vingt-cinq ans d'exil qui dit qu'il ne lui reste plus qu'un souvenir pour tenir sa joie.
Et je vais vous dire ce que j'entends, moi, derrière « ma seule amour ». Pas une femme. La France. C'est le même homme, à la même fenêtre, qui écrivait quatre chansons plus tôt en regardant vers le pays de France. Sauf qu'ici il ne le nomme pas. Il dit juste « ma seule amour », et on peut mettre dedans ce qu'on veut. C'est peut-être pour ça que ça marche encore six cents ans après.
L'enluminure ne fait pas dans la nuance. On est à l'intérieur. Un mur de pierres, une fenêtre à meneaux, un pupitre vert avec un livre et des plumes. Et en travers de la page, une énorme chaîne avec un cadenas. Un cadenas en forme de cœur.
Maintenant, deux choses.
La première, c'est où ils l'ont enregistré. Pas dans un studio : dans le donjon du château de Vincennes, avec une chorale de quinze voix. Ils installent le matériel — et sur place, on leur apprend que ce donjon-là a été bâti par le grand-père de Charles d'Orléans. Autrement dit, l'homme qui inspire tout l'album était sans doute venu là, enfant, voir son grand-père. Voulzy en tire une phrase qui résume bien le disque : plein de choses insolites et étranges sont arrivées pendant cet enregistrement.
La seconde, c'est la voix qui répond à la sienne.
Vous vous souvenez des corbeaux de Glastonbury, arrivés vingt-quatre heures avant la fin du disque ? Dans les mêmes vingt-quatre heures, Voulzy a reçu autre chose. Ça faisait des semaines qu'il essayait de joindre un chanteur anglais avec qui il voulait travailler depuis longtemps. Il n'y arrivait pas. Et puis au tout dernier moment, la voix est arrivée.
Ce chanteur, c'est Roger Daltrey. Le chanteur des Who.
Alors écoutez bien ce qui se passe. Un prince français, prisonnier des Anglais au quinzième siècle, écrit un poème sur son pays perdu. Six siècles plus tard, un Français le met en musique, l'enregistre dans le donjon construit par le grand-père du prince, et fait chanter ces vers-là par un Anglais. Pas n'importe lequel : une des voix qui ont inventé le rock anglais, celle-là même qui a nourri l'enfance de Voulzy.
Le lys et le love. Ils se rencontrent exactement ici.
Laurent Voulzy et Roger Daltrey, Ma seule amour.
8 — Our Song · l'amour à distance
Huitième amour : l'amour à distance.
Our Song, notre chanson. Et on repart en anglais.
L'enluminure vous dit tout avant la première note. Dans la marge, il y a un téléphone. Un vieux téléphone à cadran, rouge vif, avec le fil qui part en tire-bouchon et qui descend jusqu'en bas de la page. Et juste à côté, des plumes d'oie.
Un téléphone et des plumes, sur la même page. Ce sont les deux mêmes objets, à six cents ans d'écart : deux façons d'écrire à quelqu'un qui n'est pas là.
C'est l'histoire de deux personnes qui ne sont pas au même endroit et qui ont une chanson à eux. Une chanson qui traverse la ligne à la place des corps. Le texte est signé Liam Keenan, et la voix qui répond à celle de Voulzy est celle de Dawn Landes.
Écoutez bien la fin. Ça se termine par une voix de vieux répondeur — laissez votre message — et le petit « clac » de la touche qui s'enclenche.
Il n'y a personne au bout du fil. On parle dans le vide, on laisse quelque chose, et on attend. Exactement comme un prisonnier du quinzième siècle qui écrivait une ballade en espérant qu'elle arrive de l'autre côté de la mer. Le téléphone n'a rien changé : ça reste une lettre.
Et puis il y a ce qui se cache dedans, et que vous allez reconnaître au premier coup d'oreille. Parce qu'au milieu de cette chanson anglaise, il y a une chanson française. Une chanson qu'on a tous chantée à l'école, en colonie, en voiture : V'là l'bon vent, v'là l'joli vent.
Une comptine traditionnelle qui n'appartient à personne, glissée au bord d'une rivière normande, dans un morceau écrit par un Anglais.
Voilà comment ce disque avance. Pas par grands gestes. Par contrebande.
9 — Le Ciel et la Terre · l'amour d'en haut
Neuvième amour, et dernier arrêt : l'amour d'en haut.
Ça s'appelle Le Ciel et la Terre, et il faut que je vous raconte la page. Parce que c'est la plus étonnante des douze.
Cinq minutes et demie de musique. Et dans le livret, deux vers. Deux.
Le ciel m'attire, la terre me tiraille.
— Le Ciel et la Terre, livret de l'album
C'est tout. Il n'y a rien d'autre. Après onze pages couvertes de texte, celle-là tient en une ligne et demie.
En face, une pleine page. Une mappemonde comme on en dessinait au Moyen Âge : en haut un bandeau de ciel bleu avec le soleil et les signes du zodiaque, en bas une mer pleine de monstres marins, et entre les deux, la terre. Des châteaux, des clochers, des gens minuscules.
Sauf que dans cette terre-là, si vous regardez bien, il y a un avion de ligne. Il y a des voitures. Il y a un camion de pompiers.
Cinq siècles dans la même image, et deux vers pour la commenter.
Un homme tiré vers le haut et retenu par le bas. Vous ne trouverez pas de meilleur résumé de ce disque — et vous ne trouverez pas non plus de meilleur résumé de Voulzy lui-même, qui dit chercher la spiritualité sans l'avoir trouvée, lire les mystiques pour tenter de percer le mystère, et qui ajoute qu'il ne peut que poser des questions en musique et laisser les gens y répondre.
Remarquez qu'il ne dit pas ce qu'il y a en haut. Il ne dit pas Dieu, il ne dit pas le paradis, il ne dit rien. Il dit juste qu'il est tiraillé.
Pour être honnête avec vous : je suis athée, et pragmatique, et je vous ai dit plus haut que je suis un scientifique pur jus. Cette chanson devrait me passer au-dessus de la tête. Elle ne me passe pas au-dessus de la tête. Parce qu'il ne me demande pas de croire à quelque chose. Il me dit juste qu'il y a quelque chose qu'il ne comprend pas et qui l'attire. Ça, ça me parle. Le mystère derrière les choses, je vous en ai parlé en ouverture — c'était ce mot-là.
Et si je devais garder un seul morceau de cet album à faire découvrir, ce serait celui-là. Pas le plus connu, pas le plus décoré. Celui qui tient en deux vers.
Laurent Voulzy, Le Ciel et la Terre.
10 — La Nuit · l'amour charnel
Dixième amour : l'amour charnel.
La Nuit, texte d'Alain Souchon. Après la mappemonde et ses monstres, on redescend d'un cran — beaucoup plus bas, et beaucoup plus près. On est dans une chambre. Le soleil est parti, l'amour est dans son lit, et il fait froid quand elle n'est pas là.
Deux musiciens au générique. Voulzy chante et joue de la guitare, Frank Eulry est aux claviers. C'est tout.
Dans la marge, des roses. Beaucoup de roses, une tour au loin, des étoiles, un croissant de lune.
Et puis on tourne la page. Et il ne se passe rien.
Un ange passe…
Parce qu'entre cette chanson et la suivante, le livret a glissé une page. Une page qui ne contient qu'un dessin — un ange qui tient une horloge — et trois mots :
Un ange passe…
— livret de l'album
Vous connaissez l'expression. C'est ce qu'on dit quand une conversation s'arrête d'un coup et que personne ne sait pourquoi. Voulzy a mis un silence dans son livre. Il vous fait taire avant ce qui arrive.
Et ce qui arrive, ce sont les deux dernières chansons. À l'antenne, je ne les ai pas diffusées. Je vais vous dire pourquoi.
11 — La 9ème Croisade · l'amour entre les peuples
Onzième amour : l'amour entre les peuples.
La Neuvième Croisade. Quatorze minutes treize. Vous avez bien entendu. Quatorze minutes. La onzième plage d'un album de variété française, et elle dure plus longtemps que les trois morceaux signalés plus haut réunis.
Le titre est une idée, et elle est de lui. Les historiens comptent sept, huit ou neuf croisades selon les écoles — on ne va pas faire de comptes d'apothicaire. Voulzy, lui, dit ceci : la prochaine, la neuvième, ce serait celle de la paix. Celle où l'Orient et l'Occident arrêtent de se battre. C'est son vocabulaire à lui, celui des croisades. Moi, quatorze ans après, j'entendrais plutôt le nord et le sud — mais c'est la même fracture, elle a juste changé de nom.
Pour la faire, il est allé chercher un poème. Pas de Charles d'Orléans cette fois : d'Abou Firas, poète et guerrier arabe du dixième siècle. Et devinez ce qu'Abou Firas avait en commun avec Charles d'Orléans. Il a écrit en prison, lui aussi.
Deux poètes, deux prisons, cinq siècles et deux civilisations d'écart, dans le même disque. Voulzy s'est fait aider par une conseillère linguistique et littéraire, Hanane Haddad. Le chant et l'oud sont de Driss El Maloumi, un musicien marocain. Manu Katché est à la batterie.
Et l'enluminure n'est plus médiévale du tout. Pour la première fois du disque, on est aujourd'hui. C'est une manifestation. Des gens en cortège, un cœur dessiné sur la poitrine, qui brandissent des pancartes. Sur les pancartes, un seul mot, écrit quatre fois. PAX, en latin. PEACE, en anglais. Shalom, en hébreu. Salam, en arabe.
Et je voudrais m'arrêter deux secondes sur ces deux-là. Shalom et salam, ce n'est pas une coïncidence de sonorité : c'est le même mot. Ils viennent de la même racine, qui veut dire à la fois la paix, l'entier, ce qui n'est pas cassé. Deux langues qu'on passe notre temps à opposer — et pour dire « paix », elles disent exactement la même chose.
Voulzy a écrit ça en 2011. Ces deux mots-là, sur la même page, ils n'ont pas pris une ride.
Ce que dit le morceau tient en quelques lignes, et je vous les donne dans mes mots : combien de façons de s'aimer ? Sans doute une seule. Combien de façons de vivre ensemble ? Sans doute une seule. Combien de dieux dans l'univers ? Sans doute un seul.
Alors attention à cette dernière phrase, parce qu'elle ne dit pas ce qu'on croit. Elle ne dit pas qu'il y a un dieu. Elle dit qu'il n'y en a pas plusieurs. Ce n'est pas du tout la même chose.
Et c'est pour ça que moi, qui n'y crois pas, je peux la chanter avec lui. Je ne sais pas s'il y a quelque chose là-haut. Mais si jamais il y a quelque chose, il n'y en a qu'un, et c'est le même pour tout le monde. Ce qui rend assez idiot de s'entretuer à ce sujet depuis mille ans.
Souvenez-vous de la chanson d'avant : le ciel m'attire. Il n'avait pas dit ce qu'il y avait en haut. Là non plus, au fond. Il dit juste qu'on se trompe de dispute.
12 — J'aime l'amour · l'amour malgré tout
Douzième amour : l'amour malgré tout.
Et là, écoutez bien, parce que c'est le seul endroit du disque où ça se produit. La croisade ne s'arrête pas. Elle enchaîne. Quand vous écoutez les deux à la suite, il n'y a pas de coupure — la manifestation vous dépose directement dans la dernière chanson.
Elle s'appelle J'aime l'amour. Regardez qui reste. Après la chorale du donjon, après les cordes d'Abbey Road, après l'oud et Manu Katché et les quatorze minutes de cortège : deux lignes au générique. Voulzy au chant et à la guitare, Frank Eulry aux claviers. Tout le monde est parti.
Texte et musique de lui seul, aussi. Pas de Souchon, pas de poète mort, pas de traduction. Pour une fois, il n'y a plus personne entre lui et ce qu'il a à dire.
Et ce qu'il a à dire, c'est ça. Il aime l'amour. Pour une larme qu'une femme essuie de la main en attendant quelqu'un qui ne viendra pas. Pour un enfant qu'on a fait taire. Pour un vieil homme qui cherche sa maison, et toute sa vie est là, sous les pierres, après les frappes aériennes. Pour les rivières qui se meurent. Pour le chagrin du dedans et le chagrin du dehors.
Vous avez remarqué ? Ce ne sont pas des images d'amour. Ce sont des images de guerre. Et elles ne sont pas médiévales : ce sont des avions, des maisons écroulées, aujourd'hui.
Voilà ce que ce disque a fait. Il a passé onze chansons au Moyen Âge pour pouvoir parler de maintenant. Le Moyen Âge n'était pas le sujet. C'était le détour.
Et la dernière ligne de la dernière chanson est un aveu. Il dit que sa chanson n'est que du vent. Il sait parfaitement qu'une chanson n'arrête pas une bombe. Il la chante quand même.
Pour moi, c'est ça la beauté d'une chanson : ne jamais dire les mots les plus durs, et donner des images concrètes.
Ces deux-là, je ne les ai pas diffusées, et vous comprenez maintenant pourquoi. Elles se tiennent. Elles font vingt minutes, elles n'ont pas de couture au milieu, et on ne les coupe pas. Allez les écouter en entier, à la suite, sans rien faire d'autre.
Chute
On a traversé douze chansons. Douze, comme les douze maisons du zodiaque. Douze maisons, donc. Toutes différentes, et toutes semblables. Et pour se repérer, sept étoiles à l'aube, sur une colline anglaise.
On est partis d'un homme amoureux d'une peinture, on est arrivés dans une ville bombardée. Personne n'aurait pu prévoir ça au départ — surtout pas Voulzy, qui est entré en studio les mains vides en voulant faire de l'électro.
Il ne savait pas où il allait. On ne savait pas où on allait. Et on est arrivés quand même.
Deux dernières choses, et elles sont dans le livret.
J'ai regardé toutes les pages, jusqu'aux remerciements. Et à la fin des remerciements, il y a une ligne où Voulzy cite quelques prénoms, et il termine par : « et aussi Charles d'Orléans ».
Il remercie un homme mort en 1465. Comme un collaborateur. Comme quelqu'un qui aurait été là.
Mais il y a une chose qui n'est pas dans ce livret, et c'est la plus célèbre du disque. Roger Daltrey n'y figure nulle part. Ni dans les crédits de Ma seule amour, où les quinze choristes sont pourtant nommés un par un. Ni dans les remerciements. Rien.
C'est logique, quand on y pense. Sa voix est arrivée dans les dernières vingt-quatre heures, en même temps que les corbeaux de Glastonbury. Le livret était déjà à l'imprimerie. Alors sur ce disque, le poète du quinzième siècle est remercié, et le chanteur des Who n'existe pas.
Et pour finir, regardez la photo de la pochette. Un homme de dos, face à la mer, au soleil couchant. À contre-jour, donc en silhouette : on ne voit pas son visage. On ne sait pas qui c'est, et on ne sait pas de quelle rive il regarde.
Cette photo est signée dans le livret. Mirella Voulzy. Sa femme. Celle à cause de qui il vit en Angleterre, et à cause de qui il se dit prisonnier volontaire.
Elle a photographié son mari en train de regarder ailleurs. Et il a mis cette photo sur la boîte.
Lys & Love, de Laurent Voulzy, 2011.
Chronique écrite pour Y'a du soleil et puis deux gars, RQC 95 FM. Les descriptions du livret sont faites d'après mon exemplaire de l'album Lys & Love (Laurent Voulzy, 2011), enluminures de Charlène Lafargue.