Marjane Satrapi est morte aujourd'hui, à Paris. Morte de tristesse, nous dit-on, un peu plus d'un an après celui qu'elle appelait l'amour de sa vie.
Elle avait dessiné en noir et blanc, d'un trait tout simple, ce que les dictatures voulaient garder caché. Une petite fille sous le voile. Une femme qui refuse de baisser les yeux. Un pays plus vaste que les clichés qu'on en faisait. Elle n'a jamais demandé la permission : ni de croire, ni de ne pas croire, ni d'aimer comme elle l'entendait, ni de dire non.
Toute son œuvre tenait sur une idée bête et immense : la dignité ne se négocie pas, et personne, que ce soit un prêtre ou un ayatollah, ni aucun régime n'a le droit de décider à notre place qui nous avons le droit d'être.
Je ne crois en rien de ce qui touche au religieux, mais ce soir, pour elle, j'ai envie de penser qu'il existe un endroit, une douceur, un silence dans lequel elle a retrouvé Mattias. Parce qu'un amour pareil ne devrait pas avoir à finir seul.
Merci, Marjane, pour le trait simple, pour le courage et pour avoir montré que dessiner était encore et toujours un acte de liberté.
عشق همیشه پیروز میشود