Je vais vous raconter quelque chose que je n'ai jamais vraiment dit publiquement. Une histoire qui commence en juin 2023, quand j'ai quitté Urbilog — et qui explique pourquoi je suis là aujourd'hui, plus engagé que jamais. Elle arrive en plusieurs épisodes. Voici le premier.

Le départ

En juin 2023, j'ai quitté Urbilog. Pas en claquant la porte. Mais pas dans les meilleures conditions non plus.

Après cinq ans, quelque chose s'était cassé. Pas spectaculairement — progressivement. La vision de l'entreprise était devenue floue. Les priorités changeaient, se contredisaient. Je ne comprenais plus où nous allions, ni pourquoi. Et quand on ne comprend plus le cap, il devient difficile d'embarquer les autres avec soi.

J'avais besoin de clarté. Je ne la trouvais plus là.

Alors j'ai pris la décision de partir.

Ce n'était pas une décision légère. Urbilog, c'était cinq ans de ma vie professionnelle. Mon retour à l'emploi après trois ans de longue maladie. L'endroit où j'avais appris à faire de l'accessibilité numérique un métier, une conviction, presque une identité. Quitter ça, c'est quitter quelque chose qui vous a construit autant que vous l'avez construit.

Mais rester sans y croire, c'est pire. Pour soi. Et pour les autres.

Un nouveau projet en tête

Dès juillet 2023, je commençais à mûrir un projet de création d'entreprise. L'idée de me lancer à mon compte, de porter ma propre structure, de construire quelque chose à mon image. Après des années à défendre l'accessibilité numérique dans un cadre collectif, j'avais envie d'explorer ce que ça donnerait dans un cadre que je maîtriserais entièrement.

Je me projetais. Je construisais. Je pensais avoir tourné la page.

Ce que ce départ m'a appris

Quand je suis parti, on m'a dit : "C'est une page qui se tourne, allez, on passe à autre chose."

Je comprends ce que ça voulait dire. Aller de l'avant. Ne pas s'appesantir.

Mais moi, je ne tourne pas les pages. Je les écris.

Charlotte Valandrey le disait mieux que je ne pourrais jamais le formuler : "Je suis un patchwork vivant de moments de vie. Je ne tourne pas les pages, je les écris."

Ces cinq ans chez Urbilog m'avaient construit. Ce départ aussi. Je n'allais pas faire semblant que rien de tout ça n'avait existé — ni le bon, ni le difficile.

Alors quand ils sont revenus me chercher six mois plus tard, ce n'est pas une page que j'ai rouverte. C'est un fil que j'ai continué à tisser.