Entre juin 2023 et février 2024, il s'est passé beaucoup de choses.

Quand on quitte un endroit où on a construit quelque chose, on a besoin de savoir si ce qu'on a fait avait de la valeur ailleurs. Alors j'ai poussé des portes. Des concurrents d'Urbilog, des acteurs du secteur que je connaissais de loin — Sébastien Delorme chez Idéance, Mathieu Bars chez Numérik EA, Quentin Gillard chez Warren Walter. Des échanges francs, souvent chaleureux, et quelque chose que je n'attendais pas : l'image qu'Urbilog avait dans le secteur.

Je sentais qu'Urbilog était un peu en dehors des acteurs historiques. Mais personne n'a dit de mal d'Urbilog — ni eux sur moi. Des échanges propres, professionnels. Et quelque chose de précieux : la confirmation que mon travail avait de la valeur au-delà de l'entreprise où je l'avais construit.

Il y a quelque chose d'incroyable dans le fait d'être désiré professionnellement. Ça ne règle rien, mais ça remet les compteurs à zéro.

Le moment Tanaguru

La rencontre la plus marquante de cette période, c'est avec Frédéric Alna de Tanaguru. Plusieurs rendez-vous, une vraie alchimie, un projet concret qui se dessinait — jusqu'à envisager que je prenne des parts de l'entreprise. C'était fort. Vertigineux, même.

Je veux le dire clairement : j'ai un profond respect pour Frédéric, pour le travail qu'il mène pour l'accessibilité numérique et l'inclusion, et pour le temps et la confiance qu'il m'a accordés. Cette rencontre est l'une des plus marquantes de ma vie professionnelle.

Et pourtant, j'ai reculé.

Pas parce que le projet était mauvais. Pas parce que Frédéric n'était pas la bonne personne. Par peur. La peur de ne pas être à la hauteur, de ne pas avoir les épaules pour ça. Je sais que Frédéric a été déçu. Je le comprends. Et je l'assume.

Cette peur, au lieu de l'ignorer, j'ai décidé de la travailler. Je me suis inscrit à la formation de la BGE Hauts-de-France — une certification pour apprendre à construire et conduire un projet d'entreprise. Histoire d'avoir le bagage que je pensais ne pas avoir.

La certification, et ce qui est arrivé en janvier

J'ai suivi la formation jusqu'au bout, obtenu la certification. Et juste avant de reprendre le chemin d'Urbilog, en janvier 2024, nous avons perdu la maman de Damien, mon mari.

La vie ne fait pas dans la dentelle avec les calendriers.

C'est dans ce contexte — formation terminée, deuil, et une proposition d'Urbilog qui attendait — que j'ai dit oui. Pas par défaut. Mais avec beaucoup plus de clarté qu'en juin 2023.

Épisode 3 à venir : le retour, et ce que j'ai trouvé en arrivant.