En janvier 2024, Olivier Ryndack, qui avait repris les rênes du pôle accessibilité chez Urbilog, m'a contacté. Une mission par-ci, par-là au départ. Mais la proposition a vite évolué vers quelque chose qui ressemblait à un presque plein temps.

Et là, deux sentiments sont apparus simultanément — et je les livre avec la plus grande sincérité.

Le premier : l'effet sur l'ego. On vient me rechercher. Après un départ difficile, après des mois à construire autre chose, quelqu'un frappe à ma porte et dit "on a besoin de toi". Ça fait un effet bœuf, je ne vais pas vous mentir.

Le second : la méfiance. Parce qu'à travers les échanges avec Olivier, je comprends que la situation est compliquée. Vraiment compliquée. Et une pensée s'impose : malgré la recherche de solutions et des changements dans l'organisation, la situation n'avait pas évolué dans le bon sens.

Ce contexte, je le vivais dans une période personnellement très lourde. Noël avait été difficile — ma belle-maman n'allait pas bien, ce qui avait provoqué des remous sur ma propre santé. Elle est décédée quelques semaines après les fêtes. Je prenais une décision professionnelle majeure dans un état de deuil et de fatigue que je n'avais pas choisi.

Trois rencontres

C'est William Ben Chemouil qui a fait basculer la balance. Déjà en place depuis quelques semaines, il connaissait les situations — mais n'avait qu'une envie : que ça change dans le bon sens, pour la réussite de l'entreprise et pour continuer cette aventure d'inclusion extraordinaire qu'est Urbilog. Cette conversation m'a donné envie d'aller plus loin.

C'est alors que j'ai rencontré David Haverlant. Un après-midi entier, à la Torrefactory de Tourcoing — un lieu tenu par des amis chers, qui a ce don de rendre les conversations plus vraies. Nos parcours se sont croisés, professionnellement et personnellement. David a permis de confirmer certaines visions que j'avais des erreurs du passé — même si je n'aime pas ce mot. À la fin de cet après-midi, j'avais presque immédiatement une certitude : je devais y retourner.

La soirée avec Mathieu

Avant le 19 février, il y avait une étape que j'appréhendais plus que les autres : revoir Mathieu Froidure. J'étais parti avec beaucoup de rancœur — le sentiment d'un gâchis fait à une entreprise qui m'avait aidé à sortir la tête du trou. La rencontre aurait pu être tendue.

Elle ne l'a pas été.

Mathieu avait cheminé. Sur lui-même, sur sa relation aux autres, sur l'entreprise. Et moi aussi j'avais avancé. Ce soir-là, j'ai revu d'autres collègues. Ce fut une grande émotion — et le début d'échanges pour s'assurer que mon retour se passerait bien.

Je reste persuadé que ce n'est pas commun, de partir et de revenir comme ça.

Le 19 février

La période jusqu'au démarrage a été stressante et éprouvante. Le deuil. La question qui revenait en boucle : comment les gens allaient réagir ? Je savais que certains seraient heureux et soulagés. Pour d'autres, ce n'était pas gagné.

Mais j'y suis allé.

Épisode 4 à venir : ce que j'ai trouvé en arrivant — et la tempête qui n'allait pas tarder.