Le 16 juin, je terminais un premier article sur ce Mastère par une phrase prudente : « Un nouveau chapitre. Dont je parlerai en temps voulu. » Le temps est venu, mais pas tout à fait comme je l’imaginais.

Le mémoire est déposé. La soutenance a eu lieu le 8 octobre. Et je n’ai pas de résultat à annoncer : il faut attendre la commission officielle de validation, trois mois au minimum d’après le centre de formation. Je publie donc cet article dans l’entre-deux, celui où tout est fait et où rien n’est acquis. C’est un endroit inconfortable, et c’est précisément pour ça qu’il mérite d’être raconté.

Deux oraux, et le premier qui déraille

La formation prévoit deux oraux. Le premier réunit deux cas à traiter : un cas RH, un cas de négociation commerciale. Le second est la soutenance du mémoire.

J’ai passé le premier oral au début des vacances, préparés avec les entraînements proposés sur la plateforme. Et le cas RH m’a décontenancé : l’épreuve réelle n’était pas tout à fait dans le style des exercices. Rien de scandaleux, un décalage de forme. Mais ce décalage a suffi à me faire perdre pied, et j’ai traîné cette perte de moyens jusque dans la seconde épreuve, celle de négociation. Sur la partie consacrée aux arguments face au CSE, j’ai réussi à rebondir. Je n’en suis pas fier pour autant. Je sais ce que je vaux sur ces sujets, et ce jour-là je ne l’ai pas montré.

J’en tire une leçon que je connaissais déjà en théorie, par la formation elle-même d’ailleurs : s’entraîner sur un format prépare à ce format, pas à l’épreuve. Ce qui manquait, ce n’était pas la matière, c’était la capacité à encaisser la surprise. Ça se travaille autrement.

Le 8 octobre, réveil à quatre heures

Pour la soutenance, le stress est arrivé bien avant l’épreuve. Je me suis retrouvé vingt-cinq ans en arrière, avec un trac d’étudiant et un réveil à quatre heures du matin. J’ai un métier, une équipe, des missions que je pilote sans trembler. Et devant deux personnes et un diaporama, le corps ne fait pas la différence.

L’épreuve, elle, s’est bien déroulée. J’avais décidé de lire mes notes le moins possible. Pour tenir, je me suis raconté que j’étais en studio à RQC, derrière un micro, en train de dérouler un texte comme je sais le faire le mardi soir. Ça a marché à moitié : le stress ne m’a pas laissé être totalement naturel, mais j’ai dit ce que j’avais à dire.

Le jury était composé de deux personnes : l’une avait lu le mémoire, l’autre non. Et c’est celle qui n’avait rien lu qui m’a dit, à la fin, que tous les éléments étaient dans la présentation. C’est le retour que je retiens. Un exposé qui tient debout pour quelqu’un qui découvre le sujet, c’est exactement ce qu’on demande à un rapport d’audit.

Vingt minutes de questions, aucune sur le cours

Ce qui m’a le plus surpris, c’est la nature des questions. Je m’attendais à ce qu’on me ramène vers la formation : un point de cours à réexpliquer, un outil à replacer. Rien de tel. Les vingt minutes ont porté sur les difficultés rencontrées pour mettre en œuvre mon projet intrapreneurial, sur les outils que j’avais mis en place, et sur mes choix stratégiques.

Autrement dit, on ne m’a pas interrogé sur ce que j’avais appris, mais sur ce que j’en avais fait. C’est la bonne question. C’est aussi celle à laquelle je n’avais pas préparé de réponse écrite, et c’est sans doute pour ça que j’y ai répondu le plus simplement.

Ce qui fait tenir

Je suis heureux d’en être venu à bout. Pas de l’avoir réussi, je n’en sais rien. D’être arrivé au bout, avec la charge de la formation, la charge chez Urbilog, et l’activité à la radio par-dessus. Il y a eu des semaines où ces trois-là ne tenaient pas dans les sept jours.

Le lendemain de la soutenance, le 9 octobre, c’était le premier anniversaire de la mort de ma maman. Je ne crois en rien. Mais j’y vois une force qu’elle m’a laissée pour aller jusqu’au bout, et je n’ai pas envie de l’expliquer autrement.

Le résultat viendra quand il viendra. Ce que la formation m’a appris, je l’ai écrit en juin. Ce que la fin m’a appris tient en moins de lignes : on peut connaître son sujet et perdre ses moyens, on peut être stressé et faire le travail, et ce qu’on vous demande à la fin, ce n’est pas ce que vous savez, c’est ce que vous en avez fait.

Mastère Management Stratégique et Opérationnel — Visiplus Academy.